White spirit
C'est arrivé par hasard, sans réfléchir, et sans vraiment le vouloir. Ou peut-être est-ce arrivé justement pour ce que je le désirais tant.
Je suis au travail. Ding ! Esméralda vient de se connecter à MSN.
- salut
- ça va ?
- oui. et toi
- j'ai beaucoup de travail pour l'école. je révise à la maison.
- et toi
- je suis au boulot. c'est tranquille.
- tu as des concours bientôt ?
- j'ai des partiels dans deux semaines
- au fait j'ai bien reçu ton message en italient l'autre jour. et j'ai rien compris
- dsl si j'ai pas répondu. tu sais pour moi ce n'est pas facile
- si tu le dis, ce doit être vrai. mon chef revient. bye
- tu en doutes ??
- non. je te crois.
- en fait non. j'en ai marre. marre de ne plus te voir. marre de plus voir Petit Blond. avec son travail et le mien on ne fait plus rien.
- marre de son couple. j'adore sa copine. elle est gentille et plus encore, mais dès k'il a du temps il le passe avec elle. et puis merde ! tu me mankes et ct ca ke je te disais en italien. c tout.
Plus tard. Le match vient de se finir. On a encore perdu. Je suis le premier dans les vestiaires. Dehors ça part en couille. Y a embrouille. Un mec de chez eux - un gros enculé qui a mal parlé pendant tout le match et qui s'est comporté comme la dernière des putes - vient de se péter le genou sur l'ultime action. Un gars de chez nous l'a chambré. C'est une ambiance de merde. Mais je suis satisfait. Je suis même ravi de le voir se tordre de douleur. Au fond de moi, j'espère qu'il s'est vraiment baisé ("ce serait bien s'il s'était fait une déchirure des ligaments croisés internes") et qu'il morfle sévère ce bâtard arrogant. Petit Blond me rejoint. Il prend sa serviette et ses tongs et file sous la douche. Je la prendrai chez moi en rentrant tout à l'heure. Là ça me gonfle. Je suis dans mon coin préféré. Seul, je pense à elle. J'ai envie de l'appeler. La même sensation que ce matin. Le sentiment que je ne risque rien à l'appeler. Que c'est la seule chose à faire à cet instant. Que c'est naturel. Je me rappelle ce soir à l'origine de tout quand elle m'a appelé après l'entraînement. Et je me sens bien. Et je suis apaisé. Et je suis heureux.
Je sors mon portable de mon sac. Un numéro en absence. "Anis ! C'est toi qui m'a appelé ? - Ouais tout à l'heure ! - 01 76 etc. ? - Ah non, ça c'est ma meuf ! - T'es sérieux là ? - Non ! - Connard va !". Je ne me rends pas compte que j'ai un message vocal. Je m'en rendrais compte plus tard en attendant le-dit connard dans la voiture. Pour l'instant mon esprit tout entier est tourné vers Esméralda. Si seulement c'était elle. Mais je le connais par coeur son numéro. Et ça ne commence pas par 01 76. Mes doigts se perdent sur le carnet d'adresses. Son nom s'affiche. Je le contemple. Je rêvasse, une fois de plus. Petit blond revient, le torse brillant et musclé (quoique lui aussi a moins les plaquettes qu'avant), une serviette autour de la taille. Retour à la réalité. Touche "annuler". C'est plus prudent.
On est pas loin de chez nous. On a fait un putain de détour pour déposer Anis l'arabe chez lui. Il a de la chance qu'on l'aime bien. Mais quand même, pour sa gueule on s'est paumé et on s'est retrouvé à l'autre bout de Paris. Ca va, maintenant on connais le chemin.
- On est près du complexe sportif. Tu te souviens ? On y a déjà été une fois...
- Tu parles ! Biens sûr que je m'en rappelle ! C'est même là qu'Esméralda m'a foutu une droite.
- Ah ? C'était là ?
- Ouaip. Par contre je sais plus comment c'est arrivé. Je sais plus si c'est toi, elle ou moi qui lui a demandé ?
- C'était toi.
- Ca au moins j'aime bien ! La meuf, tu lui demandes de te frapper, elle te frappe. Pas comme tous ces cons ou tu leur demande de te foutre un coup et ils font leurs petites fiottes et ils refusent ces lâches.
- Pas comme la soeur de Petite Blonde, ou comme son vieux copain de merde ! Je t'ai déjà raconté ? Le mec tu l'effleures à peine et il se met à chialer (avec une voix de fillette) "oh mais ça fait mal...".
- Ou comme ma soeur. Avant on se bagarrait tout le temps. Elle me frappait, je la frappais, c'était mortel. Mais depuis plusieurs années, je peux plus la toucher sans qu'elle me fasse une crise ou qu'elle ait direct un bleu.
- Ouais, bah si tu sortais avec Esméralda, vous passeriez votre temps à vous taper. C'est qu'elle cogne la garce ! T'imagines ? "Non, tu vas pas au foot !" Bam ! "Si, je veux !" "J'ai dit non !" re-Bam !
- Ah ! Ah ! ah ! ah ! ah ! J'te jure, c'est une fille comme elle qu'il me faudrait.
Nous sommes arrêtés devant chez moi.
- C'est plus la Esméralda qu'on connaissait toi et moi.
- Je sais c'est devenu une vraie conne (ouh ! que j'ai eu du mal à la sortir cette phrase). Et malgré tout, si demain ou ce soir elle m'appelle, je suis prêt à sacrifier jusqu'à ma vie pour elle. Comme pour toi, Popov ou Princesse.
- Dans ce cas là pourquoi tu ne sors pas avec elle ?
- Mais putain je t'ai dit mille fois déjà : c'est ta meuf !
- T'es grave toi putain ! Elle est pas à moi du tout. Ca fait longtemps que c'est fini. Pour moi, je l'ai oubliée.
- Il n'empêche, quoique tu en dises, C'EST TA MEUF !!!
- T'es fou ! Surtout ne dis jamais ça en présence de Petite Blonde, elle te démonterait ta tronche... Nan, mais sérieusement, moi ça me ferait plaisir et ça me rassurerait. Enfin une semaine...
- Quoi ?! Pourquoi une semaine ?
- Bluff ! Arrête... Tu te comporte mal avec les filles. Disons que je serais rassuré trois jours (sourire moqueur).
- (indigné et de mauvaise foi) Je me comporte pas mal avec les filles, qu'est-ce tu me chantes là ?! Mais c'est pas de ma faute si elles sont toutes chiantes au bout de deux jours !
- Esméralda aussi est chiante...
- C'est pas pareil ! (je commence à trop me dévoiler, à m'enliser, c'est pas bon...) Et...
- (me coupant) Eh mais c'est Mérèse, mon ancien collègue de la petite auberge !
Ouf ! sauvé. Au moins pour ce soir...
Je suis au travail. Ding ! Esméralda vient de se connecter à MSN.
- salut
- ça va ?
- oui. et toi
- j'ai beaucoup de travail pour l'école. je révise à la maison.
- et toi
- je suis au boulot. c'est tranquille.
- tu as des concours bientôt ?
- j'ai des partiels dans deux semaines
- au fait j'ai bien reçu ton message en italient l'autre jour. et j'ai rien compris
- dsl si j'ai pas répondu. tu sais pour moi ce n'est pas facile
- si tu le dis, ce doit être vrai. mon chef revient. bye
- tu en doutes ??
- non. je te crois.
- en fait non. j'en ai marre. marre de ne plus te voir. marre de plus voir Petit Blond. avec son travail et le mien on ne fait plus rien.
- marre de son couple. j'adore sa copine. elle est gentille et plus encore, mais dès k'il a du temps il le passe avec elle. et puis merde ! tu me mankes et ct ca ke je te disais en italien. c tout.
Plus tard. Le match vient de se finir. On a encore perdu. Je suis le premier dans les vestiaires. Dehors ça part en couille. Y a embrouille. Un mec de chez eux - un gros enculé qui a mal parlé pendant tout le match et qui s'est comporté comme la dernière des putes - vient de se péter le genou sur l'ultime action. Un gars de chez nous l'a chambré. C'est une ambiance de merde. Mais je suis satisfait. Je suis même ravi de le voir se tordre de douleur. Au fond de moi, j'espère qu'il s'est vraiment baisé ("ce serait bien s'il s'était fait une déchirure des ligaments croisés internes") et qu'il morfle sévère ce bâtard arrogant. Petit Blond me rejoint. Il prend sa serviette et ses tongs et file sous la douche. Je la prendrai chez moi en rentrant tout à l'heure. Là ça me gonfle. Je suis dans mon coin préféré. Seul, je pense à elle. J'ai envie de l'appeler. La même sensation que ce matin. Le sentiment que je ne risque rien à l'appeler. Que c'est la seule chose à faire à cet instant. Que c'est naturel. Je me rappelle ce soir à l'origine de tout quand elle m'a appelé après l'entraînement. Et je me sens bien. Et je suis apaisé. Et je suis heureux.
Je sors mon portable de mon sac. Un numéro en absence. "Anis ! C'est toi qui m'a appelé ? - Ouais tout à l'heure ! - 01 76 etc. ? - Ah non, ça c'est ma meuf ! - T'es sérieux là ? - Non ! - Connard va !". Je ne me rends pas compte que j'ai un message vocal. Je m'en rendrais compte plus tard en attendant le-dit connard dans la voiture. Pour l'instant mon esprit tout entier est tourné vers Esméralda. Si seulement c'était elle. Mais je le connais par coeur son numéro. Et ça ne commence pas par 01 76. Mes doigts se perdent sur le carnet d'adresses. Son nom s'affiche. Je le contemple. Je rêvasse, une fois de plus. Petit blond revient, le torse brillant et musclé (quoique lui aussi a moins les plaquettes qu'avant), une serviette autour de la taille. Retour à la réalité. Touche "annuler". C'est plus prudent.
On est pas loin de chez nous. On a fait un putain de détour pour déposer Anis l'arabe chez lui. Il a de la chance qu'on l'aime bien. Mais quand même, pour sa gueule on s'est paumé et on s'est retrouvé à l'autre bout de Paris. Ca va, maintenant on connais le chemin.
- On est près du complexe sportif. Tu te souviens ? On y a déjà été une fois...
- Tu parles ! Biens sûr que je m'en rappelle ! C'est même là qu'Esméralda m'a foutu une droite.
- Ah ? C'était là ?
- Ouaip. Par contre je sais plus comment c'est arrivé. Je sais plus si c'est toi, elle ou moi qui lui a demandé ?
- C'était toi.
- Ca au moins j'aime bien ! La meuf, tu lui demandes de te frapper, elle te frappe. Pas comme tous ces cons ou tu leur demande de te foutre un coup et ils font leurs petites fiottes et ils refusent ces lâches.
- Pas comme la soeur de Petite Blonde, ou comme son vieux copain de merde ! Je t'ai déjà raconté ? Le mec tu l'effleures à peine et il se met à chialer (avec une voix de fillette) "oh mais ça fait mal...".
- Ou comme ma soeur. Avant on se bagarrait tout le temps. Elle me frappait, je la frappais, c'était mortel. Mais depuis plusieurs années, je peux plus la toucher sans qu'elle me fasse une crise ou qu'elle ait direct un bleu.
- Ouais, bah si tu sortais avec Esméralda, vous passeriez votre temps à vous taper. C'est qu'elle cogne la garce ! T'imagines ? "Non, tu vas pas au foot !" Bam ! "Si, je veux !" "J'ai dit non !" re-Bam !
- Ah ! Ah ! ah ! ah ! ah ! J'te jure, c'est une fille comme elle qu'il me faudrait.
Nous sommes arrêtés devant chez moi.
- C'est plus la Esméralda qu'on connaissait toi et moi.
- Je sais c'est devenu une vraie conne (ouh ! que j'ai eu du mal à la sortir cette phrase). Et malgré tout, si demain ou ce soir elle m'appelle, je suis prêt à sacrifier jusqu'à ma vie pour elle. Comme pour toi, Popov ou Princesse.
- Dans ce cas là pourquoi tu ne sors pas avec elle ?
- Mais putain je t'ai dit mille fois déjà : c'est ta meuf !
- T'es grave toi putain ! Elle est pas à moi du tout. Ca fait longtemps que c'est fini. Pour moi, je l'ai oubliée.
- Il n'empêche, quoique tu en dises, C'EST TA MEUF !!!
- T'es fou ! Surtout ne dis jamais ça en présence de Petite Blonde, elle te démonterait ta tronche... Nan, mais sérieusement, moi ça me ferait plaisir et ça me rassurerait. Enfin une semaine...
- Quoi ?! Pourquoi une semaine ?
- Bluff ! Arrête... Tu te comporte mal avec les filles. Disons que je serais rassuré trois jours (sourire moqueur).
- (indigné et de mauvaise foi) Je me comporte pas mal avec les filles, qu'est-ce tu me chantes là ?! Mais c'est pas de ma faute si elles sont toutes chiantes au bout de deux jours !
- Esméralda aussi est chiante...
- C'est pas pareil ! (je commence à trop me dévoiler, à m'enliser, c'est pas bon...) Et...
- (me coupant) Eh mais c'est Mérèse, mon ancien collègue de la petite auberge !
Ouf ! sauvé. Au moins pour ce soir...
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