Xylophone doménical

Publié le par Black Flame

Pour la femme de mon parrain, père et mère de ma chère Athéna.

"Un matin on ouvre les yeux et tout semble différent. Rien n’a changé, mais rien n’est plus comme avant. On se sent fatigué, dépassé, vieillissant. A travers le miroir, on observe la météo de son corps. On est mal réveillé et nos yeux, embrumés par le deuil d’une nouvelle année, déforment la vérité. On se sent en automne quand on en est qu’au printemps. On s’asperge le visage d’une bonne dose de nostalgie. Et soudain, tout est plus clair. On a tout son temps quand on a cinquante ans.

On regarde à nouveau son reflet. Il n’est pas si mal tout compte fait. Ce n’est plus cette plaine parfaite qu’on a connue à l’âge tendre, mais le paysage qui s’y dessine est tout aussi harmonieux. La jeune pousse du début est devenu une belle et grande fleur, ennivrante de mille couleurs et d’autant de saveurs. On se sent mieux et, pour la première fois de la journée, on sourit.

On se maquille une nouvelle humeur, bien meilleure que la précédente ; on enfile son nouvel âge, plus confortable qu’il n’y paraît ; quelques retouches morales, un peu de patience et hop ! nous voilà fin prêt à reprendre le chemin de la vie.

Mais avant de replonger dans la grande aventure, on se retourne pour voir tout le trajet accompli. La route de nos souvenirs s’étale à perte de vue. Ca en fera des choses à raconter à nos petits-enfants !

Tout au loin, qui tutoient l’horizon, on reconnaît nos rêves et nos espoirs de jeunesse. On les contemple comme des trésors de l’enfance. Il y a ceux qui nous amusent et nous font sourire gentiment - « Et dire que c’est ce qu’on désirait vraiment à l’époque… ». Il y a ceux qui nous rendent fier par le passé de les avoir accomplis et que l’on n’oubliera jamais. Et puis il y a ceux inassouvis ou inachevés, un peu amers et épicés, que l’on espère sans se l’avouer un jour les concrétiser.

On regarde sa montre. Tandis que l’horloge s'éfile, le temps se défile. Rien ne sert de s’éterniser dans ce qui déjà n’est plus. Il faut maintenant repartir de l’avant. Le voyage est encore long et les péripéties nombreuses. On est rassuré. Finalement, ce n’est pas inquiétant d’avoir cinquante ans."


Publicité

Publié dans Trèfle

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
N
Bel ami..<br /> <br /> ö bel ami...<br /> <br /> Bel-ami...<br /> <br /> Ta cruauté t'honore.<br /> <br /> Ton cynisme t'élève.<br /> <br /> Je t'aime. <br /> <br /> Puisqu'il me fait aimer les choses qui me détruisent. <br /> <br /> Prends soin de toi.<br /> <br /> J'invoquerai pour toi le Ciel, afin que ta flamme ne te consume pas.<br /> <br /> Bel-ami...
Répondre
M
J'aime bien!
Répondre
B
<br /> Merci !<br /> <br /> <br />
J
Ben tu vois, ça te donne une perspective rassurante !<br /> <br /> Merci pour ta contributon sur mon L2<br /> je t'ai répondu enfin étendu .... <br /> Bon lundi et bisous
Répondre
B
<br /> Mon lundi fut excellent. Je t'attribue cette fortune. Bises de feu à toi. ;)<br /> <br /> <br />
G
c'est un très joli texte!!<br /> je l'ai lu avec attention, d'autant plus que mon papa va avoir 50 ans dans les jours qui viennent!<br /> <br /> YFN
Répondre
B
<br /> Merci petite magicienne ^^<br /> <br /> <br />