Waffelen von April

Publié le par Black Flame

On a perdu. 4 - 1. On est éliminé. Dommage, il ne restait plus que trois matchs avant la finale "dans un grand stade parisien". En même temps, on avait peu de chance. En face, ils avaient trois divisions au-dessus de nous et leur effectif était au complet. De notre côté, on était tout juste onze, dont deux blessés. Il n'empêche, dans le vestiaire après le match, on a tous été frustré. 4 - 1, c'est cher payé au vu de notre prestation et de la leur. On a largement fait jeu égal avec nos adversaires du jour. Et peut-être même plus. On a rien à se reprocher. Juste d'avoir cruellement manqué de chance là où eux concrétisait leurs maigres occasions. A la fin pourtant, l'addition est lourde et le score éloquent.

Quatre buts encaissés... Ca fait mal. Surtout pour celui qui les prends. Et en l'occurence, celui qui les a pris c'est moi, le goal, avec mon pantalon rembouré, mon maillot de basketteur (?!) et mon maquillage de terre au visage. Etrange accoutrement pour un joueur de foot. C'est pour marquer les esprits (à défaut de marquer des buts). Ainsi, on me repère, on se souvient de moi et on parle de moi dans toute la ligue : (avant le coup de sifflet initial) "Alors, comme ça, c'est toi le mec avec les peintures de guere ? On m'a déjà parlé de toi..." C'est trop bien. Mais surtout ça me donne d'entrée l'avantage mental sur les adversaires, et à mon poste, ce n'est pas rien. Par contre derrière, il faut assurer, montrer qu'on est bel et bien le meilleur, et ne pas commettre d'honteuses boulettes qui vous ruine le moral pendant des semaines.

Comble de la frustration, aujourd'hui j'étais dans un très grand jour. Surtout en deuxième période. J'ai enchaîné les parades, les plongeons et les sorties énormes dans les pieds ou à la tête de mes rivaux. Inévitablement, j'ai pris des coups (de boule, de coude et de crampons) terribles qui vont laissés des traces pendant les sept prochains jours à venir. Je me suis pris des buts, mais j'en ai miraculeusement sauvé tout autant. Au point d'en être admiré par la poignée de remplacants et de spectateurs étonnés. C'était trop bon !...

Tout ça juste devant les gamins du club qui attendaient la fin du match pour s'emparer du (putain de beau) terrain. Ils sont arrivés un peu après la reprise. Au départ, ils observaient calmes et attentifs, espérant voir des buts ou des attaques de mon côté, me chambrant un petit peu, se demandant ce que je valais. Mais dès qu'ils m'ont vu en action, ils ont pris mon parti : "Wahhh ! T'as vu l'arrêt ??? - Encore !!! - Bravo le goal !". A la fin, ils étaient tous derrière moi, dans tous les sens du terme.Ils me soutenaient - "c'est pas grave Monsieur" - et m'encourageait  - (à son voisin) "Regarde, il va encore l'arrêter !". C'était un pur moment de bonheur.

A la fin du match, alors que je m'apprêtais à rentrer aux vestiaires, déçu par la défaite quoique satisfait de moi, les minots m'ont applaudi et félicité. L'espace d'un instant, j'ai eu l'impression d'être un peu un héro, comme tous ceux qui me faisaient fantasmer quand j'étais petit. C'était une sensation inhabituelle, mais très agréable.

"Eh ! les p'its ! Ca vous dit de me faire des frappes ? - Ouaiiiiiiiiiiiiiiis !!!"

Et nous voilà parti pour une petite séance de tir de dix minutes, à la vue et aux yeux de mes coéquipiers maugréant la défaite, et de mes ex-adversaires, célébrant leur victoire. Aucun d'entre eux n'a marqué (Ouf !...). Pourtant, tous étaient heureux d'avoir pu se mesurer à "un grand". Mais le plus heureux dans l'histoire, c'était moi, tellement je me suis amusé comme un fou avec eux.

Vivement que j'aie un mini-moi...

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Publié dans Trèfle

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G
tu as l'air très proche des enfants, très en phase avec eux...<br /> C'est touchant...<br /> <br /> Je comprends ce sentiment...
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B
<br /> C'est parce que je suis resté un grand enfant avec toute l'immaturité et la curiosité et l'hyperactivité qui va avec.<br /> <br /> <br />