ytterP hedalG
Elle m'a reconnu.
Elle, c'est Gladeh, la plus exquise des caissières de la Fnac à Saint-Lazare. Cheveux ondulés noirs, peau mat, juste ce qu'il faut de maquillage pour mettre en valeur ses magnifiques prunelles brunes, un petit nez tout en délicatesse, des mains fines et délicieuses, soulignées par un peu de vernis tantôt noir, tantôt rouge, selon les jours, et toujours agréablement vêtue (aujourd'hui un petit bustier de dentelle blanche avec un pantalon noir, sobre mais raffiné). Elle est comme une perle de lumière dans un désert de couleurs.
La première fois que je l'ai vue, j'étais avec une amie qui espérait - mais n'obtint jamais - plus. Je l'accompagnais pour acheter je-ne-sais-plus-trop-quoi. Il y avait foule ce jour là. On s'est dirigé vers les caisses du fond. Malheureusement pas la sienne. Celle juste à côté. Qu'importe, mes yeux sont tombés sur elle. J'ai craqué. L'espace d'un moment, l'univers s'éclipsa sous son charme. Dix minutes plus tard, nous étions dehors. Mais mon coeur continuait de battre la chamade et mes poils de se hérisser et tous mes muscles de frissonner et de trembler et de convulser de passion pour Gladeh.
Depuis, je fais chaque semaine un tour à ma librairie préférée. Je prends généralement un livre (si possible un bouquin léger et drôle du côté des romans "pour filles") et un tome de "Kenshin le vagabond" (j'en suis au #20). Ensuite je me dirige au premier étage pour régler mes achats. En descendant l'escalator, je guette les horizons à la recherche de ma princesse caissière. Je ne la trouve généralement pas du premier coup. Par chance, elle évolue toujours au même endroit. Alors je me dirige vers elle, je pose mes articles sur son comptoir, "bonjour - bonjour, vous avez la carte Fnac ? - Oui, tenez - Ca vous fera 13€80. Entrez votre code. Au revoir - Merci. Au revoir. Bonne journée. - Merci vous aussi.", sans un échange, sans un regard, sans un espoir, sans rien d'autre qu'un bip sur quelques codes-barre et une transaction bancaire.
Mais aujourd'hui, elle m'a reconnue. Je l'ai vu à son sourire en coin et son regard complice, que je lui ai l'un et l'autre rendus. Enfin. Sur le coup, je me suis senti un peu timide et tendu, ne sachant trop où me mettre, ne trouvant pas ma carte d'adhérent, ratant mon code à deux reprises. Et plus je gaffait, plus je virais au rouge tomate, et plus le sourire de Gladeh s'élargissait. La spirale infernale des gens timides. On ne désire qu'une chose, être invisible, mais notre état nous pousse à enchaîner maladresse sur maladresse, au point qu'on ne voit plus que nous et que toute l'attention nous tombe dessus.
Finalement je m'en suis sorti comme j'ai pu. Moi qui voulait qu'elle ne m'oublie pas, je lui ai donné en une fois tous les moyens d'y parvenir. J'aurais quand même préféré lui laisser un souvenir d'un genre différent - ex : "le beau gosse avec le sourire ultra bright et la petite remarque hyppy-grunchy à la Belmondo". Rahhhhhhhhhhh(-té) ! La prochaine fois peut-être :-)
Elle, c'est Gladeh, la plus exquise des caissières de la Fnac à Saint-Lazare. Cheveux ondulés noirs, peau mat, juste ce qu'il faut de maquillage pour mettre en valeur ses magnifiques prunelles brunes, un petit nez tout en délicatesse, des mains fines et délicieuses, soulignées par un peu de vernis tantôt noir, tantôt rouge, selon les jours, et toujours agréablement vêtue (aujourd'hui un petit bustier de dentelle blanche avec un pantalon noir, sobre mais raffiné). Elle est comme une perle de lumière dans un désert de couleurs.
La première fois que je l'ai vue, j'étais avec une amie qui espérait - mais n'obtint jamais - plus. Je l'accompagnais pour acheter je-ne-sais-plus-trop-quoi. Il y avait foule ce jour là. On s'est dirigé vers les caisses du fond. Malheureusement pas la sienne. Celle juste à côté. Qu'importe, mes yeux sont tombés sur elle. J'ai craqué. L'espace d'un moment, l'univers s'éclipsa sous son charme. Dix minutes plus tard, nous étions dehors. Mais mon coeur continuait de battre la chamade et mes poils de se hérisser et tous mes muscles de frissonner et de trembler et de convulser de passion pour Gladeh.
Depuis, je fais chaque semaine un tour à ma librairie préférée. Je prends généralement un livre (si possible un bouquin léger et drôle du côté des romans "pour filles") et un tome de "Kenshin le vagabond" (j'en suis au #20). Ensuite je me dirige au premier étage pour régler mes achats. En descendant l'escalator, je guette les horizons à la recherche de ma princesse caissière. Je ne la trouve généralement pas du premier coup. Par chance, elle évolue toujours au même endroit. Alors je me dirige vers elle, je pose mes articles sur son comptoir, "bonjour - bonjour, vous avez la carte Fnac ? - Oui, tenez - Ca vous fera 13€80. Entrez votre code. Au revoir - Merci. Au revoir. Bonne journée. - Merci vous aussi.", sans un échange, sans un regard, sans un espoir, sans rien d'autre qu'un bip sur quelques codes-barre et une transaction bancaire.
Mais aujourd'hui, elle m'a reconnue. Je l'ai vu à son sourire en coin et son regard complice, que je lui ai l'un et l'autre rendus. Enfin. Sur le coup, je me suis senti un peu timide et tendu, ne sachant trop où me mettre, ne trouvant pas ma carte d'adhérent, ratant mon code à deux reprises. Et plus je gaffait, plus je virais au rouge tomate, et plus le sourire de Gladeh s'élargissait. La spirale infernale des gens timides. On ne désire qu'une chose, être invisible, mais notre état nous pousse à enchaîner maladresse sur maladresse, au point qu'on ne voit plus que nous et que toute l'attention nous tombe dessus.
Finalement je m'en suis sorti comme j'ai pu. Moi qui voulait qu'elle ne m'oublie pas, je lui ai donné en une fois tous les moyens d'y parvenir. J'aurais quand même préféré lui laisser un souvenir d'un genre différent - ex : "le beau gosse avec le sourire ultra bright et la petite remarque hyppy-grunchy à la Belmondo". Rahhhhhhhhhhh(-té) ! La prochaine fois peut-être :-)
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